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dimanche 5 août 2018

Marché et bateau à Kampot

Comme nous l'avons découvert , il existe  à  Kampot un marché local ouvert le matin. Situé assez proche du centre, nous avons décidé  d'y passer la matinée. Que de couleurs, d'odeurs, de bruits et de mélanges! C'est un vrai marché local, couvert et très bien achalandé. Pas question de trouver ici les produits "made in China"  pour les touristes, d'ailleurs nous n'en verrons pas d'autres, ce qui fait que quasiment personne ne parle autre chose que le khmer. Ici se retrouve toute la campagne environnante pour acheter et vendre de tout,  principalement des fruits, légumes, tout ce qui sort de la mer et une partie "textile". On y trouve également des échoppes où on peut se restaurer, mais on a réussi à ne pas être  perturbé  intestinalement  jusqu'à présent, on ne tentera pas. Tout se mélange, chaque stand parfois ridiculement petit trouve sa place dans ce dédale, avec un caniveau central qu'il ne faut pas oublier. Nous arrivons néanmoins,  malgré la barrière de la langue à faire quelques achats. Nous nous risquons même à acheter des gâteaux dont on ne connaît ni le nom, ni la composition. Les allées  sont très serrées, le plafond est très bas, la lumière faible et l'ensemble reste quand même assez poussiéreux. Mélangez  à tout ça une odeur de poissonnerie, plus des gargotes faisant frire un peu de tout, des orfèvres  fabricant des colliers et bracelets au chalumeau et un brouhaha permanent: vous êtes bien sur un vrai marché  asiatique, ceux qu'on aime  pour leur rusticité, leur simplicité et leur réelle  représentation de ce que vivent les cambodgiens en dehors des circuits suivis par les touristes. Les vendeurs sont assis à  même le sol ou directement sur le stand,  même les vendeurs de poisson; imaginez un instant: à  notre passage une femme assise par terre  prend une poignée de crevettes dans une grande bassine où baignent les petites bêtes et nous  les propose pour emporter. Avec un  sourire, on la remercie et nous lui faisons comprendre qu'on n'a rien pour les faire cuire ou alors on les gardera en bagages à  main dans l'avion pour les offrir à nos amis.
Dans l'après midi, retour sur un bateau pour faire une balade d'une heure trente sur la rivière qui traverse la ville. On nous promet: vue du soleil couchant, observation des lucioles et deux bières. Sympathique balade en semi nocturne sur une espèces de péniche  fabriquée  sur trois coques de bateau et dont le toit est calculé tout juste pour passer sous le pont proche de notre hôtel.  Des 3 choses prévues nous n'en validerons qu'une. Le temps est à  la pluie, donc point de soleil et les lucioles ont peut être eu peur de la musique un peu forte de notre embarcation. De retour sur la terre ferme, nous nous délectons une nouvelle fois des crevettes et poissons cuits au BBQ dans l'un des restos sur le bord de rivière. Il nous faut en profiter car demain, nous quitterons la côte  et le poisson  pourrait être  moins frais.

samedi 21 juillet 2018

Journée riche en émotions mais qui en vaut la Penh

Première de ces émotions : le réveil. Le décalage horaire et la fatigue ont fait que c'est vers 10 h moins le quart qu'on  a  ouvert l'oeil. Soit on met ça sur le calme de la chambre, soit sur le fait qu'il n'est que 4h45 chez nous. Rapidement près, notre chauffeur de tuk-tuk lui aussi fin prêt nous propose à  nouveau ses services. Notre heure tardive de réveil nous fait inverser notre programme ;  c'est donc un programme "histoire locale" qui va principalement mener notre journée.
Première visite, située  à  une quinzaine de km de la ville, le mémorial  du génocide  de Choeung Ek, aussi appelé "Killing fields" ce qui n'augure rien de bien gai. Pour faire rapide, l'histoire récente de ce pays fait qu'entre 1975 et 1979, une tragédie a  profondément bouleversé ce néanmoins  magnifique pays. La prise de pouvoir  par Pol Pot, pourfendeur de la théorie communiste qu'il a appris en France, s'est soldée  par une véritable extermination de tous ceux qu'il  considérait  comme ennemi, et par  ennemi on peut voir très large. En effet, les fameux Khmers Rouges, après avoir vider les villes de leurs habitants en les jetant sur les routes, ont ensuite mené une vaste politique de terreur  qui a coûté  la vie à plus de 3 millions de cambodgiens. Ce site fut un des lieux où  furent exécutés plus de 20000 personnes considérées le plus souvent à  tort comme dangereux pour le pays. Comment imaginer qu'on puisse  tuer même des enfants sur ce principe et encore plus de façon  barbare.
L'endroit est chargé  d'émotions, l'atmosphère est pesant et oblige au respect et au recueillement.
Second site très émouvant: le S21, un ancien lycée  reconverti pendant ces même années en centre de détention et surtout de torture. Afin d'exterminer  le maximum de personnes, toutes les méthodes étaient  bonnes pour faire avouer le moindre soupçon (porter des lunettes était par exemple un signe qui pouvait faire croire que vous étiez un danger pour le pays). La visite des 3 bâtiments est aussi difficile à supporter. Les avertissements souvent répétés par l'audio-guide n'empêchent pas d'essayer de comprendre l'incompréhensible. La dernière partie devient particulièrement insupportable.
Ce sont deux étapes difficiles, mais on ne peut pas prendre que le superficiel quand on visite un pays et oublier les traumatismes de son peuple.
Sinon, notre journée à quand même été  agrémentée d'une visite du marché  appelé Russe, mais qui reste un marché typiquement asiatique: c'est comme ça qu'on les aime, avec toutes ses échoppes dans un véritable labyrinthe et pour finir un repas pris sur un tabouret avec les plats préparés en live devant nous. C'est  du simple et bon tout simplement.